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Présentation d'A gauche, en Europe |
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Présentation générale Cofondée par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard, A gauche, en Europe est une association française regroupant un ensemble de personnalités qui estiment qu'un effort de refondation intellectuelle est nécessaire pour la gauche réformiste. Cet effort n'a de sens que s'il est mené avec un souci de cohérence européenne. L'animation intellectuelle de l'association, présidée par Marisol Touraine depuis 2006 (avant par Pierre Moscovici), est confiée à un conseil d'orientation scientifique. Ce conseil est composé de personnalités européennes choisies pour leur compétence, la qualité de leur engagement et leur capacité à représenter avec légitimité les principales tendances du réformisme de gauche en Europe. Le club A gauche, en Europe poursuit trois objectifs pour mener à bien son projet de refondation intellectuelle : - élaborer un "corps de doctrine" pour la social-démocratie, un projet pour la France et l'Europe de demain - permettre une participation large à la production des idées - assurer la diffusion des idées par des publications régulières et la tenue de colloques Considérant que le débat politique ne saurait se limiter à des cercles étroits et qu'il est essentiel que les citoyens se le réapproprient, A gauche, en Europe est un club ouvert, où chacun est invité à participer et à adhérer. Pour vous informer vous pouvez aller sur le site d'AG2E (lien sur la colonne de gauche). Pour renforcer l'équipe des PO: michel.cavallier@gmail.com |
Comment la gauche peut relancer la construction européenne
DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, MASSIMO D'ALEMA, ANNA DIAMANTOPOULOU, KINGA GÖNCZ, BRUNO LIEBHABERG et DIEGO LOPEZ GARRIDO
Les Echos, 13 janvier 2006
Depuis les « non » français et néerlandais, l'Europe est en panne. Il appartient aux politiques que la crise ne soit pas délétère, mais salutaire. La relance ne sera pas assurée par des gouvernements qui, dans leur majorité, se satisfont de l'échec du Traité constitutionnel. Elle ne peut venir que de la gauche progressiste, celle qui place l'Europe au cœur de son projet politique. C'est notre responsabilité historique.
Tout en tenant compte de l'approbation du Traité par de nombreux Etats membres, nous avons la volonté de tirer les leçons des « non » populaires et, plus largement, du malaise grandissant face à l'Europe telle qu'elle se construit. Les citoyens européens expriment trois critiques - qui nécessitent autant de réponses.
Première critique : l'Europe est inefficace. Les citoyens ont le sentiment que l'Europe a échoué sur son domaine de compétences - l'économie. Ils ont raison. Depuis le milieu des années 1990, l'Union est une des zones du monde où la croissance est la plus faible. Nous sommes rattrapés par les pays émergents, décrochés par les Etats-Unis. Tant que l'Europe existante sera défaillante, les citoyens refuseront de poursuivre la construction européenne. Il y a pourtant un agenda européen pour la croissance, qui fait l'objet d'un large consensus. Il comprend un volet structurel, « le programme de Lisbonne » : assurer la transition de l'économie industrielle d'hier vers l'économie de la connaissance de demain, en investissant massivement dans l'avenir - recherche, enseignement supérieur, innovation, infrastructures. Et un volet macroéconomique : piloter la zone euro. Nous avons créé une zone économique intégrée, mais nous ne la gérons pas et, partant, nous ne valorisons pas ses potentialités.
L'agenda est là, mais il n'est pas appliqué, faute d'instruments. L'Europe économique est un projet inachevé. Elle est au milieu du gué et elle prend l'eau. Pour l'en sortir, nous devons la doter des compétences - législatives, budgétaires, institutionnelles - nécessaires à la mise en oeuvre de son agenda de croissance. Cela implique notamment la mise en place d'un « Conseil des ministres pour la croissance » chargé d'adopter à la majorité les lois nécessaires, une augmentation et une réorientation massives du budget de l'Union vers les priorités d'avenir, et l'institutionnalisation de l'Eurogroupe (la réunion des ministres des Finances de la zone euro) afin qu'il puisse coordonner efficacement la politique économique, notamment budgétaire et fiscale.
Deuxième critique : l'Europe est insuffisamment protectrice. Les citoyens sont demandeurs de protections européennes. Parce que cela correspond à leurs valeurs communes. Et parce qu'ils ont besoin des soutiens nécessaires pour réussir dans un monde globalisé, plus mouvant, plus exposé. Or ils ont le sentiment que l'Europe n'est pas un rempart face à la mondialisation - pis, qu'elle en est parfois le cheval de Troie. Cette situation n'est pas soutenable. L'Europe doit répondre aux attentes des Européens. Elle seule a la masse critique pour assurer la couverture des nouveaux risques nés de la mondialisation. C'est pourquoi le projet européen doit s'étendre à la protection des citoyens sur le plan social, environnemental et sécuritaire. Nous devons bâtir l'Europe-providence du XXIe siècle, qui émancipe et qui protège.
Nous formulons trois propositions prioritaires en matière sociale : un revenu minimum européen, traduisant le droit fondamental du citoyen européen à un niveau de vie minimal ; la sécurité sociale professionnelle comme premier droit social européen, garantissant les salariés contre les ruptures professionnelles provoquées par le nouveau capitalisme globalisé ; et un fonds de soutien pour la petite enfance, pour équiper tous les citoyens du « capital cognitif » nécessaire dans l'économie de la connaissance. Dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, il n'est plus concevable de prétendre lutter de manière optimale contre la criminalité organisée et la menace terroriste ou encore de gérer efficacement nos frontières extérieures, pour ne prendre que ces exemples, sans approfondissement institutionnel permettant de dépasser le cadre étriqué des prérogatives nationales. La liberté, la sécurité et les droits de nos citoyens, le concept même de citoyenneté européenne en dépendent.
Troisième critique : l'Europe n'a pas de légitimité démocratique. Les citoyens ont le sentiment de ne pas avoir de prise sur les décisions européennes. Ils veulent que l'Europe se fasse avec eux, pas sans eux, encore moins contre eux. L'écart entre une Union à fort contenu politique et à faible légitimité démocratique est insoutenable. Faire émerger l'Europe démocratique est un impératif catégorique. Il implique une réforme institutionnelle. Un des principaux enjeux est la transformation de la Commission en un véritable exécutif démocratique de l'Union, élu par le Parlement, issu de la majorité politique sortie des urnes et, ainsi, responsable devant les citoyens.
Mais les institutions ne constituent qu'un aspect. Elles s'expriment, mais les citoyens ne les entendent pas - et inversement. Il manque à l'Europe un espace démocratique animant la vie publique européenne, connectant citoyens et institutions. Quelques réformes clefs contribueraient à sa création. D'abord, placer le choix du président de la Commission au cœur des élections européennes. Celles-ci en seraient renforcées : désigner le chef du gouvernement est l'enjeu politique principal de tout scrutin législatif. Ensuite, choisir les commissaires parmi les députés européens : l'attractivité des élections européennes sur les responsables politiques en serait rehaussée. Autre réforme, réserver une fraction des sièges du Parlement européen (par exemple 20 %) à des parlementaires élus sur des listes paneuropéennes : cela stimulerait le débat européen en déconnectant l'élection de la scène nationale. Enfin, procéder à la proclamation unifiée des résultats des élections européennes - ce qui induirait une lecture européenne, et non plus nationale, du scrutin.
Restent les citoyens. C'est l'un des enseignements politiques majeurs de l'expérience du Traité constitutionnel : nous voulons faire l'Europe, mais il nous faut faire des Européens. L'émergence de la conscience européenne peut être facilitée par une multitude d'initiatives. Nous proposons notamment la généralisation du programme Erasmus, l'enseignement de l'histoire, des cultures et des institutions européennes dans les lycées, l'enseignement obligatoire d'une deuxième langue européenne dès l'école primaire, un soutien financier accru à la production d’œuvres culturelles européennes, la création d'un grand média audiovisuel public à vocation européenne ou encore la mise sur pied d'un forum permanent de débat sur l'Europe dans chaque Etat membre.
Faire de l'Europe économique un succès. Bâtir l'Europe-providence qui émancipe et qui protège. Faire émerger l'Europe démocratique. Tels sont les axes de l'initiative pour une relance de la construction européenne que nous avons élaborée dans le cadre de nos « think tanks ». Il revient maintenant au parti des socialistes européens et, au-delà, à tous les progressistes d'en faire leur priorité politique.
DOMINIQUE STRAUSS-KAHN est député (PS) et fondateur d'A Gauche en Europe. MASSIMO D'ALEMA est ancien Premier ministre d'Italie et coprésident d'Italiani Europei. ANNA DIAMANTOPOULOU est députée en Grèce et ancien commissaire européenne. KINGA GÖNCZ est ministre de la Jeunesse, de la Famille, des Affaires sociales et de l'Egalité des chances en Hongrie. BRUNO LIEBHABERG est président de Gauche réformiste européenne en Belgique. DIEGO LOPEZ GARRIDO est député et porte-parole du groupe socialiste au Parlement en Espagne
Lisez également la lettre de Socialisme et Démocratie en cliquant sur le lien : http://www.socialisme-et-democratie.net/
Le Comité de soutien des P.O. en soutien à la candidature de Dominique Strauss Kahn pour l'élection présidentielle est créé. Il regroupe des militants de la Fédération 66 du PS organisé autour de "Socialisme et Démocratie" (SD) et des adhérents de l'association "A Gauche en Europe" (AG2E) créée par Michel Rocard et Dominique Strauss Kahn.
Ce blog se veut un outil de communication, d'échange, de débat. Il se veut l'espace autour duquel le réseau de soutien doit se développer. L'enjeu de la Présidentielle doit refléter les débats qui agitent notre société et auxquels il faut apporter réponse, c'est pour cela qu'il faut organiser le débat, l'ouvrir à l'extérieur du PS. Les adhérents du PS ont la lourde responsabilité de désigner parmi eux celui ou celle qui saura répondre aux aspirations des français, il faut qu'ils fassent ce choix en référence à l'intérêt général, donc en lien avec les préoccupations des français, en réponse à leurs attentes. Il faut sortir de la confusion des idées, il faut rejeter les jeux d'appareil qui lassent tout le monde, il faut refuser les opérations de marketing médiatique qui injurient la politique.
C'est pour cela que la parole doit être libre, à l'intérieur du PS comme à l'extérieur. Notre initiative vise à organiser cette liberté d'expression.
Si vous voulez être partie prenante du choix vous pouvez adhérez au PS, vous pouvez aussi rejoindre "A Gauche en Europe" (AG2E) qui porte les espoirs de la gauche européenne pour redonner une dynamique à cette nouvelle frontière qu'est l'Europe.
Vous pouvez d'ores et déjà engager le dialogue par le biais de ce blog. Nous vous ferons connaître prochainement une adresse où nous contacter, ainsi que des liens vers d'autres blogs ou des sites, où vous pourrez enrichir votre information, renforcer vos convictions.
Vous trouverez sur ce blog les initiatives de DSK, ses prises de position, ses réflexions.